Ce choix, ou mieux encore ce manque de choix, ne saurait remplacer la réflexion sur le legs politique le plus important et le plus redoutable, de par sa puissance et son potentiel de violence mais aussi de par sa promesse d’organisation du vivre-ensemble, fait par le système colonial aux Africains : l’État africain postcolonial. Centre africain pour le genre IDISA(Note d’orientation). Achille Mbembe, « What is postcolonial thinking? Et l’on connaît aussi le respect que l’on doit aux ainés dans beaucoup de sociétés africaines, entre autres. Il apparaît donc que la condition pour les Africains d’obtenir d’autres biens, c’est d’être libres. C’est ce qu’indiquent ces ouvrages dont les titres se passent de commentaires. Le lecteur pourra bien se demander ce que cette ébauche de théorie a d’africain. Si l’on veut, c’est une herméneutique à la fois située, mais à portée universelle. En d’autres termes, le fait que la démocratie moderne soit née en Europe ne dit rien sur la l’étendue de sa validité. Pouvoir politique: pouvoir d’action des femmes en Afrique. Published By: Sciences Po University Press, Access everything in the JPASS collection, Download up to 10 article PDFs to save and keep, Download up to 120 article PDFs to save and keep. "Dans la vie comme en politique, je n'écarte rien", déclarait-il en décembre 2018 avant de céder le pouvoir. L’article 27 (1) peut ainsi s’analyser comme une simple « disposition-cadre » et, comme telle, n’est pas plus attentatoire aux libertés de l’individu que ne le sont les dispositions précitées de la Charte Internationale des Droits de l’Homme. Dans la modernité européenne, où le pouvoir revient à toute personne en vertu de sa dignité d’homme et de ses supposées compétences, c’est à l’ensemble du peuple (notion très discutable) que le pouvoir sera remis. On voit mal comment chaque philosophe de chaque peuple proposerait sa sagesse pour la gouvernance d’un État moderne comme le Ghana. En Côte d’Ivoire, pour les prochaines élections (législatives 2021), parti au pouvoir et opposition ivoirienne se donnent rendez-vous en mars 2021, comme convenu à l’issue du dialogue politique ouvert lundi 21 décembre 2020. Ceci est d’autant plus étonnant que l’État constitue un immense pouvoir aussi bien face à la vulnérabilité des individus qu’à celle des communautés ou associations au sein des États. Seule certitude : les législatives se tiendront en mars prochain. L’alternance est piégée aux petits jeux de révisions interminables de la Constitution. Puisque la philosophie dite afri­caine se constitue d’éléments ethnographiques, il aurait été plus évident de chercher des équivalents dans la culture occidentale ou dans l’histoire de cette dernière. Cet acharnement à vouloir une démocratie africaine, la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples en porte les stigmates. Soit. Et l’on s’étonne que des Africains viennent chercher l’asile – et parfois l’asile politique, dans le monde égoïste, compétitif dont on veut éviter les travers : en Europe ou dans les pays occidentaux. 17Laissons de côté l’esclavage et la responsabilité refoulée des Africains dans cette tragédie et concentrons-nous sur la colonisation. Les conséquences des définitions occidentales de l’Afrique. L’Afrique en questions La politique de l’Arabie Saoudite en Afrique… Benjamin Augé 4 52 Djibouti. I happen to believe that there is such thing as a universal human biology, that there is a biological human nature. 38Le choix de la liberté et de l’égalité est un choix politique. Si n’est pas inutile la volonté manifeste de vouloir coute que coute africaniser la démocratie en référence à une culture particulière, ou à des cultures africaines ou celle de vouloir africaniser les droits de la personne, elle peut bien être périlleuse. Nous avions tenté de démontrer que la pensée panafricaine et toutes les philosophies de l’identité africaines sont peut-être intéressantes pour une compréhension de l’Afrique moderne, mais que face aussi bien à la recherche d’une identité africaine – si cette recherche a un sens – et surtout à la question de légitimité de l’État postcolonial, elles ne peuvent être d’aucun secours parce qu’elles ont conduit l’Afrique à la défaite. 24 Mbaya R. Étienne, « La Charte africaine des droits de l’homme », Les Devoirs de l’homme, Paris, Fribourg, Cerf, Éditions universitaires de Fribourg, 1989, p. 48. Le préambule en donne la confirmation : Les États membres de l’Organisation de l’unité africaine « tenant compte des vertus de leurs traditions historiques et des valeurs de civilisation africaine qui doivent inspirer et caractériser leur réflexions sur la conception des droits de l’homme et des peuples et reconnaissant que, d’une part, les droits de l’homme sont des attributs de la personne, ce qui justifie leur protection internationale et que, d’autre part, la réalité et le respect des droits du peuple doivent nécessairement garantir les droits de l’homme (…) sont convenus de ce qui suit ». The Revue française de science politique constitues a primary scholarly reference point in political science, both in France and across the world. 46Les deux premières positions manquent de profondeur historique et anthropologique. Donc accorder la primauté à la liberté et l’égalité par-dessus tous les biens dont les Africains ont besoin, c’est d’abord se poser en sujet de son histoire et prendre en charge son destin. 9 Nous étions en 1982 et les choses n’ont guère changé. Aussi longtemps que les affirmations de la « négritude » de « African Personality », de « l’antériorité des cultures nègres » ou des « socialismes africains », etc., sont avancées pour attester la grande contribution de l’humanité africaine à la culture planétaire et que l’unité culturelle de l’Afrique est affirmée comme dogme, l’essentiel du discours politique est accompli ; seul manque le « développement » que l’État postcolonial s’assigne comme tâche primordiale, tâche qui justifie tout, même la suppression des droits humains. Wiredu avance, par exemple, la tradition de la délibération que l’on appelle peut-être négativement la « palabre ». "Pour le moment, il n'est pas dans la politique active", affirme à l'AFP l'un de ses fidèles, son conseiller diplomatique Barnabé Kikaya bin Karubi, qui confirme que M. Kabila n'a pas l'âge de faire le deuil du pouvoir. Voir pour cela, Souleymane Bachir Diagne, « Philosophie africaine et Charte africaine des droits de l’homme », in. Quant à la dernière position, la plus intéressante, elle accepte la nécessité d’une société démocratique, voire la possibilité de la démocratisation ; seulement, elle la soupçonne d’inadaptation aux réalités politiques africaines. Enfin, on voit mal comment une réflexion sur le postcolonial pourrait faire l’économie d’une telle perspective. Bref, placés dans une situation hypothétique et informés sur ce que les États leur réservaient aux lendemains des indépendances, quels principes de coexistence politique ou de vivre-ensemble auraient-ils aimé voir gouverner leurs institutions publiques ? , London, W. B. Whittingham & Co., 1887 ; 1888 ; University of Edinburgh Press, 1967 ; reprint of 1888 edition, Baltimore, Maryland: Black Classic Press, 1994 ; , London, C. M. Phillips, 1908 ; reprint Baltimore, Maryland: Black Classic Press, 1994 ; West Africa Before Europe: and Other Addresses. Or, on peut difficilement imaginer des Africains qui, toute chose étant égales, et ayant une meilleure alternative, préfèrent le régime de l’État postcolonial dans sa forme actuelle, avec toutes ses brimades, à la vie en liberté. Or, le colonialisme n’est pas seulement condamnable parce qu’une « civilisation qui ruse avec ses principes est une civilisation moribonde », mais comme le poursuit A. Césaire la « colonisation = chosification » et l’État colonial, une inégalisation des conditions qui a pour corrélat des « sociétés vidées d’elles-mêmes, des cultures piétinées, des ins­titutions minées, de terres confisquées, de religions assassinées, de magnificences artistiques anéanties, d’extraordinaires possibilités supprimées [...] de milliers de personnes à qui on a savamment inculqué la peur, le complexe d’infériorité, le tremblement, l’agenouillement, le désespoir, le larbinisme » 14. Créée en 1981 en rupture avec les approches classiques sur l’Afrique, elle s’est imposée en France et à l’étranger, comme une publication de référence pour l’ensemble de la communauté internationale spécialiste du continent. Il parle d’une communauté mondiale avec Kant où s’enchevêtrent les dimensions locale et globale : « The concept of a common humanity clearly lies at the base of references to the “international community”, “the world community”, “the global community” frequently made by diplomats, politicians, and world leaders of different national or cultural communities. Les incohérences de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples illustre bien cette défaite qui, d’une certaine manière, repose sur une métaphysique essentialiste et de l’enfermement culturel. Si l'on en croit Alain, les hommes libres « savent bien que tout pouvoir abuse et abusera » (politique, LXVII). Plus subtil, le second investissement propose que, pour qu’elle soit africaine, la démocratie doit s’inspirer des formes de démocraties existant en Afrique et surtout des traditions africaines en matière de démocratie 22. Il y a pire : soutenir que certains éléments constitutifs des cultures africaines peuvent se retrouver en dehors de l’Afrique et remettre en cause la spécificité supposée africaine d’éléments culturels ou anthropologiques communs répandus dans d’autres cultures humaines, c’est déjà porter atteinte à la thèse de la spécificité des cultures africaines et de leur grandeur. 48Encore faut-il qu’elle prenne en considération les problèmes épistémologiques que pose une telle démarche. On se saurait l’accepter sans interruptions interrogatives. Il choisira de mettre fin au régime colonial et sa survie sous la forme de l’État postcolonial. Elle ne s’en est pas sérieusement acquittée. Difficile à comprendre quand on prend en considération toutes les énergies déployées par beaucoup d’écrivains pour défendre de leur plume les valeurs culturelles africaines alors que le plus puissant instrument de la colonisation, l’État colonial et surtout postcolonial, qui a anéantit ces valeurs et qui représente le symbole de l’institutionnalisation de cet anéantissement, est accepté sans remise en question. Paris cedex 14, Presses Universitaires de France, « La Politique éclatée », 1988, p. 221-248. Se faisant, elle oublie la modernité de la démocratie. Il y a une totale absence de projet philosophique politique, capable de réfléchir à ce que signifie la colonisation et la situation postcoloniale, symbolisées en grands caractères par l’État postcolonial. 49Aussi rationnelle soit-elle, cette manière de penser la démocratie en Afrique soulève une importante question : pourquoi ce souci ou cette volonté tenace d’africaniser la démocratie ? Que cette réflexion n’ait pas eu lieu ou pas suffisamment dans la littérature politique sur l’Afrique postcoloniale, cela se ressent très clairement dans la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples. Mais surtout, ils travailleront pour le seul projet qui définit l’africanité en dehors de toute référence culturelle, anthropologique et historique : l’émancipation non plus d’une ethnie, d’une race, ni d’un peuple seulement, mais de toute personne, individuellement : la liberté et l’égalité. 10Bien entendu, des individus, des groupes humains et même des États, ont besoin d’une multitude de biens pour exister, surtout dans le monde moderne. 7 Voir à ce sujet Otfried Höffe, Penser un droit pénal interculturel, trad. adopter une approche descriptive sans évaluation, sans prise de position ; nous pouvons aussi adopter une approche normative, évaluative et dire en quoi une action individuelle ou collective est bonne ou mauvaise. On peut bien comprendre le souci de revaloriser les cultures africaines précoloniales. Elle est l’histoire d’une défaite totale, plus précisément d’une triple défaite provenant du fait que les Africains, à cause de leur division, n’ont eu de résistance à offrir que la division et la participation à l’esclavage, à la colonisation repris par l’État sous la forme de la postcolonie. 9Sans l’ombre d’un doute, les Africains auraient tous choisi, en premier lieu, la liberté et l’égalité, garanties par un pouvoir central sous leur propre contrôle en tant qu’individus et en tant que communautés. Commission Economique pour l'Afrique. Frédéric Joël Aïvo, « Les constitutionnalistes et le pouvoir politique en Afrique », Revue française de droit constitutionnel 2015/4 (N° 104), p. 771-800. Il remettrait en question l’unité de la pensée africaine déclarée par la pensée africaine elle-même et serait châtié de sa témérité. Formulé ainsi, notre projet pourrait rendre perplexe. Échec enfin dans la tentative de la libération du joug colonial ou de la décolonisation où, à quelque chose près, la postcolonie n’a fait que remplacer la colonie dont elle a gardé la brutalité et l’inhumanité. JSTOR®, the JSTOR logo, JPASS®, Artstor®, Reveal Digital™ and ITHAKA® are registered trademarks of ITHAKA. 19 Comparé au citoyen grec, tel qu’on le présente dans les ouvrages, dont le seul intérêt reste, de façon primordiale, la politique. Les Ashanti et les habitants d’Abomey en Afrique de l’Ouest ainsi que des commerçants, descendants d’Européens ou non sur toute la côte Ouest africaine témoignent déjà de cette appropriation. This item is part of JSTOR collection Law as Social System (Ed.) L’expérience de cet arbitraire suffit largement pour justifier le choix de la liberté et de ce qui la rend possible : l’égalité. Jusqu’à quel point toute forme de délibération consensuelle est-elle une démocratie ? Elle fait de la démocratie l’exclusivité des sociétés occidentales. Cela signifie également que toutes les images que le colonisateur se faisait du colonisé, l’exacte opposé de ces images ainsi que toutes les tentatives ethno philosophiques ou autres de définir l’Africain, doivent être rejetées. , « La Charte africaine des droits de l’homme », I happen to believe that there is such thing as a universal human biology, Philosophy, Culture, And Vision. Il y était dit, en effet, qu’il « est très heureux que des intellectuels africains appartenant à des disciplines scientifiques et à des courants de pensée différents se décident enfin à réfléchir ensemble et à échanger des idées sur la problématique de l’État en Afrique Noire » 4. La culture politique changera, mais l’essentiel de l’univers symbolique ne sera pas radicalement changé pour avoir adopté les principes de liberté et d’égalité au nom desquels, apparemment, le continent a exigé son autonomie politique. Deuxièmement, la référence à la culture ou aux cultures des sociétés africaines, plus hypothétique que réelle, prend entièrement la place du droit. 3 Nous faisons notamment allusion à l’article de Jean-Geoffroy Bidima, « Le corps, la cour et l’espace public » dans « Politique africaine : Philosophie et politique en Afrique, Vol. Refus qui se poursuit sous la postcolonie. 12 Comme Kwame N’Krumah, Blyden a écrit plusieurs ouvrages peu connus. De nombreux chefs d’Etat à travers le monde sont prêts à modifier les Constitutions ou les interpréter à leur guise pour se maintenir au pouvoir. Il s’agit de sauvegarder les valeurs et vertus de solidarité que d’autres peuples ont perdues » 24. 5 Yves PERSON, Etat et nation en Afrique noire, Congrès de Kinshasa, A.C.C.T., 1978, p.66. Ne prescrivant à l’individu aucun devoir particulier envers les entités qu’elle énumère, elle ne saurait servir à justifier a posteriori l’imposition d’un de ces devoirs. OpenEdition Journals member – Published with Lodel – Administration only, You will be redirected to OpenEdition Search. Il ne reste que les droits égaux et les libertés égales pour légitimer l’État africain postcolonial. 39Il s’agit là d’un moment négatif du choix des principes de liberté et d’égalité impliquant des droits opposables à l’État, donc des principes de non-ingérence, de libertés négatives. Seulement, la philosophie pratique, quitte à ressasser des distinctions élémentaires, est cette branche de la philosophie qui s’est spécialisée sur les questions de l’action humaine dans sa double dimension individuelle et institutionnelle, en un mot : en éthique ou philosophie morale (la dimension individuelle) et en philosophie du droit et de l’État, la philosophie juridique et politique (la dimension institutionnelle). Une théorie réflexive sur l’histoire africaine conduirait ainsi les individus à donner exclusivement la priorité à la liberté et à l’égalité. An interview with Achille Mbembe », Eurozine, 2008, p. 9 ; voir également Abel Kouvouama, « Penser la politique en Afrique », in Politique africaine vol. Il réclame une rupture dans le débat africain contemporain avec le discours de l’enfermement et dans « What is Postcolonial thinking » plaide pour un universalisme fondé sur la constitution de l’espèce humaine 29. 44La première position n’a aucun intérêt. De même que les démocraties occidentales ne sont pas toutes en tout point identiques parce que partageant les mêmes principes, de même la démocratie en Afrique sera nécessairement différente et même d’un pays à l’autre, sans qu’il y ait besoin de faire preuve d’un activisme particulier. Lukas K. Sosoe, Professeur d’éthique, de philosophie du droit et de philosophie politique à l’université de Montréal, Faculté des Lettres, des Sciences humaines, Arts et Sciences de l’Éducation. Bien avant toutes les meilleures promesses de développement économique et culturel et de mieux-être, ils préféreraient les deux principes de liberté et d’égalité. Ce cadre est celui de la recherche d’une fausse identité parce que fictive et réactive dans un État postcolonial qu’elle prend pour acquis et ne remet jamais en question. Inutile de se demander de quels peuples il s’agit et en quoi ils garantissent la protection des droits de l’homme. ©2000-2021 ITHAKA. Ou, comme le choix du mal radical, ils ont consciemment décidé d’ignorer toute altérité qui menacerait leurs intérêts 15. African Perspectives, Accra, Sub-Saharan Publishers, 2013. La question n’était plus, pour reprendre Spivak, si le subalterne pouvait parler ; certes, dans ce contexte, il le pouvait toujours parce qu’il ne gênait les plans de personne. 15 On lira, pour s’en convaincre, Oliver Le Cour Grandmaison, Coloniser, exterminer. 16 « À propos des écritures africaines de soi », Politique africaine, op. C’est pourquoi, parlant d’Africains, nous pen­sons d’abord et avant tout à la personne humaine individuelle, sous peine de recourir à des définitions essentialistes défendues par les écrivains et orchestrées par des régimes politiques dictatoriaux, prêts à empêcher toute discussion et dont les Africains n’ont que trop souffert. 1Parmi tous les ouvrages consacrés, en philosophie, à l’État en Afrique, on ne trouve aucun ouvrage ni article qui aborde la question de la légitimité de l’État postcolonial 1. 21C’est précisément là que les critiques africains, surtout dans les domaines de la philosophie en Afrique ou de la pensée africaine, ont ignoré leur tâche. De cette petite minorité, nous pourrons mentionner Bachir Souleymane, Achille Mbembe, Anthony Appiah et Kwame Gyekye ou Kwasi Wiredu, tous des auteurs qui insistent sur la référence à l’individu comme un moment essentiel dans la pensée politique, voire cosmopolitique s’agissant de Appiah et de Gyekye ou afropolitique pour Mbembe. Amour du pouvoir en Afrique: gangrène de la démocratie. Quant aux concepts du « Post-Colonialism » en général, voir le glossaire de Bill Ashcroft, Gath Griffiths and Helen Tiffin (Ed. Plus étonnant encore, nous paraît le peu d’accueil réservé à la tentative de Francis Kwame N’krumah et avant lui aux écrits de Blyden 12 qui ont osé poser le problème de ce que peut être une philosophie de la décolonisation. 13 Nous disons de façon systématique pour ne pas sous-estimer les travaux de sociologie politique et de sciences politiques mais surtout l’apport du roman africain. Aussi harmonieuse que soit une communauté, on ne peut jamais en exclure la possibilité de violation des droits humains, la possibilité de briser des projets de vie les plus légitimes et la vie elle-même. 23Mais alors, comment se présente ce discours intellectuel africain pour que lui soit attribué cette grande part de responsabilité dans l’absence de réflexion sur la transition de la colonisation à la postcolonie, d’une part, et dans la consolidation de la situation postcoloniale, de l’autre ? Il serait d’ail­leurs incompréhensible de choisir autre chose que la liberté. Il empêche que soient reconduites comme allant de soi les fonctions de l’État colonial sous la forme de l’État postcolonial qui se fait instrument de développement, instrument de défense d’une culture africaine inexistante, d’une identité culturelle à créer. Refus qui se poursuit sous la postcolonie. édition, Routledge Londres, New York, 2000, p. 168-175. L’idéologie panafricaine, dans ses différentes versions, n’a pas su mettre fin à ce triple échec. Coloniser, exterminer. Il n’est pas hors propos de penser, qu’en plus des affaires politiques, le citoyen grec doit pouvoir gérer aussi sa maison. À l’exception de la démocratie grecque, réservée seulement à quelques-uns, aux citoyens, la démocratie fondée sur la liberté et l’égalité de tout être humain, est une invention moderne et coïncide de façon emblématique, avec la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen. The author’s argument is that equal rights and equal freedoms need to come first, before and over African culturalistic discourses. Ces deux principes constituent une condition primordiale pour disposer d’autres biens nécessaires à la vie. Charte africaine des droits de l’homme, Graduate Institutions Publications, Genève, 1993. Seulement N’Krumah aussi a négligé les questions fondamentales relatives au pouvoir postcolonial en Afrique, à savoir celles d’assumer la responsabilité du passé africain, du passé d’esclavage, du refus de reconnaître et d’enseigner un fait historique important, celui du pacte avec l’ancien colonisateur.