Peine perdue, il n’en fallut pas plus pour que ses partisans se transforment en croyants prônant la promesse de son retour salvateur, sous le nom de matswanisme. Que de tels exemples se multiplient sans plus vraiment surprendre quiconque témoigne de la banalisation de l’élection concurrentielle comme procédure routinière de sélection du personnel gouvernemental dans nombre d’États africains. ou ces dynasties familiales qui voient les rejetons succéder sans coup férir à leur père (les Eyadéma au Togo, les Kabila en République démocratique du Congo [RDC], les Bongo au Gabon, bientôt les Wade au Sénégal et les Bozizé en République centrafricaine ?). Oui, car la connaissance des phénomènes naturels par les populations leur donne la capacité de prédire les événements saisonniers. Il est interdit, sauf accord préalable et écrit de l’éditeur, de reproduire (notamment par photocopie) partiellement ou totalement le présent article, de le stocker dans une banque de données ou de le communiquer au public sous quelque forme et de quelque manière que ce soit. On en a gardé la trace grâce aux manuscrits conservés à Tombouctou, à Agadès ou ailleurs dans les grandes familles maraboutiques, dont la recherche et la conservation ont été entreprises depuis une trentaine d’années. Idem au Cameroun, où la récente réélection de Paul Biya en octobre 2011 a été émaillée de truquages divers commis par le pouvoir. Any cookies that may not be particularly necessary for the website to function and is used specifically to collect user personal data via analytics, ads, other embedded contents are termed as non-necessary cookies. De grandes sectes ont été amenées par les missionnaires américains : ainsi les Adventistes du Septième Jour qui ont pris en Afrique australe le nom de Watch Tower. À ce titre, 2011 est une grande année en Afrique, avec pas moins de 18 élections présidentielles. pour la pratique dans le contexte de l’Afrique (par exemple sur les normes et standards de pratique, l’éthique, les besoins en formation, l’enseignement, etc.). 7Enfin, les institutions africaines sont désormais d’ardentes promotrices de la démocratie et de l’élection en Afrique. Ce fut déjà le cas du prédicateur Harris, d’inspiration protestante, dans le sud de la Côte d’Ivoire au début du XXe siècle ; ou encore de Simon Kimbangu au Congo belge dans les années 1930. En outre, nombre de scrutins sont émaillés de violences et les crises postélectorales ne peuvent parfois être résolues que par des accords insatisfaisants de partage du pouvoir. 5On peut voir dans cette adhésion au moins formelle à la norme démocratique un effet des pressions de la communauté internationale, et en particulier des bailleurs de fonds. De même, les Igbo, au sud-est du Nigeria, se sont convertis au catholicisme (1900), conscients de la promesse de promotion sociale assurée par la nouvelle religion. La violence politique peut également être un outil de campagne d’un parti au pouvoir qui s’attache à réprimer une opposition trop dangereuse. Les acteurs politiques et de la société civile (ONG, mouvements sociaux, églises, etc.) En Afrique comme ailleurs, la prédiction d’André Malraux s’avère juste : le XXIe siècle se révèle être un siècle hyper-religieux dans toutes les classes de la société. Ils formalisent et agrègent des revendications sociales qu’ils articulent dans des programmes de gouvernement. Cela reste un instrument de reconnaissance politique et sociale. La viande des autres, Paris, Karthala, 2005 / Florence Bernault (éd. 14En outre, nombre de ces partis ne paraissent pas aptes à remplir la fonction programmatique traditionnellement reconnue aux partis politiques. Tempels y explique qu’il pensait aller évangéliser des païens sauvages : « Je suis venu en Afrique en 1933 comme européen, comme blanc, dans une Afrique colonisée… et surtout en croyant être porteur d’un message divin. Crises et conflits en Afrique de l’Ouest : quelle politique séc uritaire face aux menaces ? L'objectif est d'essayer de mieux comprendre et rendre compte des réalités auxquelles ce secteur du développement est confronté, réalités souvent trop vite analysées, et de mettre à jour les grandes directions vers lesquelles il se tourne aujourd'hui. Leurs empires de conquête étaient fondés sur la prise d’esclaves. Cette croyance profonde des religions du terroir (ce qu’on a appelé l’animisme) dans la continuité entre le monde des ancêtres, celui des vivants et celui des générations à venir, faisait partie d’une conception du temps que l’on a considérée comme « cyclique » par opposition au temps linéaire des sociétés occidentales. Ces religions mixtes mâtinées de christianisme (ou aussi d’islam) ont pris des noms locaux selon les régions. 20D’une manière plus générale, on pourrait affirmer que l’essentiel des critiques adressées à la qualité des processus électoraux, et par extension à la démocratie en Afrique, ne se fonde pas sur une description de ce qu’est cette dernière, mais plutôt de ce qu’elle n’est pas, à savoir le modèle de la démocratie électorale occidentale. Atteintes aux libertés civiles : Les deux dernières décennies ont vu les femmes affirmer leur participation politique en Afrique subsaharienne. De ce christianisme ancien, on trouve encore des traces au début du XVIIIe siècle : une sorte de Jeanne d’Arc locale opposée aux Portugais, nommée Kimpa Vita, se fit passer pour la Vierge et créa le mouvement Antonien adonné au culte privilégié de Saint-Antoine. Celui-ci demanda et obtint des Portugais, dans un premier temps, l’assistance technique dont il avait besoin pour développer son pays (artisans, maçons, enseignants-missionnaires). Le chef était aussi le garant de la maintenance de son royaume parce qu’il était l’intercesseur de son peuple auprès des ancêtres ; il assurait en somme la liaison entre le monde politique des vivants et le domaine surnaturel qui en régissait l’ordre. L’existence de processus électoraux formels n’empêche pas certaines dynasties familiales de perdurer. Il a joué, dans les temps médiévaux, le rôle classique de religion d’État. Les missions internationales d’observation des élections, ainsi que les partis d’opposition et les organisations de la société civile, développent progressivement des parades qui permettent de limiter la fraude. Les sociétés d’Afrique subsaharienne sont connues pour avoir, dans le passé, confondu pouvoir politique et pouvoir religieux, comme l’ont d’ailleurs fait la quasi totalité des pouvoirs jusqu’au XVIIIe siècle environ. L’islam africain est spécifique. C’est l’homme africain qui l’a aidé à se découvrir : « Ce fut une nouvelle joie pour nous deux de découvrir que nous nous ressemblions et que, de plus, nous commencions à nous « rencontrer » jusque dans l’âme […]. Évidemment cela existait, sous l’influence orientale et aussi en raison de l’action du grand financeur Kadhafi, constructeur de mosquées un peu partout (à Niamey au Niger, mais aussi à Lusaka en Zambie où pourtant, il y a encore 30 ans, les musulmans ne représentaient qu’une faible minorité). Ainsi, pour les élections législatives de 2007 au Kenya, 153 partis étaient officiellement répertoriés. Comme les autres explicatives du monde à l’époque préscientifique : les esprits, le surnaturel, tout nous met en relation avec le monde divin. Les partis politiques, acteurs centraux de l’élection, sont généralement reconnus comme vecteurs décisifs de la consolidation et de la stabilisation du jeu démocratique. Il ne s’agit pas d’une religion révélée. Leur densité idéologique est faible et on aurait du mal à distinguer leurs programmes électoraux. Alors qu’il s’agissait, comme dans les autres religions, d’une pensée explicative du monde et de soi, les anthropologues arrivés après Tempels ont malheureusement figé cet univers religieux en « guérisseurs » et en « sorciers » et accentué l’usage de pratiques rituelles spécifiques, comme les transes ou l’usage de plantes hallucinogènes (l’usage du chanvre indien est caractéristique du culte Mbwiti au Gabon). Très vite, la contestation coloniale s’est manifestée par la volonté d’Églises noires, fondées par des prédicateurs dont le succès, face à la désorientation des esprits, fut parfois foudroyant. À leur arrivée dans la seconde moitié du XVe siècle, les Portugais y recherchaient le domaine du prêtre Jean – ce qui s’est avéré une erreur concernant l’ancienne Éthiopie. Since 2000, elections have been organized in almost every African country. Le continent recèle d’authentiques réussites démocratiques, où des élections indiscutablement transparentes et pacifiques aboutissent de manière régulière à des résultats légitimes et reconnus par la grande majorité des élites politiques et des citoyens. Philosophie et politique en Afrique coordonné par Abel Kouvouama Penser la politique en Afrique Introduction au thème P our introduire ce dossier thématique, nous avons délibérément choisi de penser philosophiquement lapolitique (et non pas lepolitique) en Afri-que. Les deux adversaires de 2007, Kibaki et Odinga, avaient ainsi coopéré au sein de la même coalition pour déloger la Kenya African National Union (KANU) du pouvoir lors de l’élection présidentielle de 2002. Dans ce cadre, la Fondation Friedrich Ebert a organiséavec le FSA un atelier sous rég ional sur la thém atique « Afrique de l’Ouest : quelle politique séc u - ritaire face aux menaces ? La nouvelle année aura certainement un goût amer pour le contingent français déployé au Sahel. Pour une lecture positive de la situation politique de l'Afrique par Jean-Christophe Belliard, conseiller « Afrique » de M. Solana, Haut représentant de l’Union européenne pour la PESC. 11Par ailleurs, la culture politique et les modes de participation du citoyen à l’élection paraissent encore souvent embryonnaires et éloignés de l’idéal démocratique. Consultez l’ensemble des articles, reportages, directs, photos et vidéos de la rubrique Politique publiés le jeudi 7 janvier 2021. Concernant les questions relatives à la pacification de l’élection, voir « La civilité électorale : vote et forclusion de la violence en France ». 16Or, avant de sanctifier ce modèle de partage du pouvoir et de le reconnaître comme une modalité « acceptable », si elle est transitoire, de l’acclimatation de la procédure élective en Afrique, il faut en étudier les effets localement, dans des contextes spécifiques. Ainsi, les missionnaires américains ont-ils apporté, au début du XXe siècle, les croyances des Adventistes du Septième Jour qui se sont répandues comme une traînée de poudre à partir du moment où les populations, désorganisées par la conquête coloniale, eurent recours au surnaturel. Le président sortant Rupiah Banda a accepté sans contestation la victoire, annoncée par la Cour suprême, du vétéran de l’opposition Michael Sata. Les deux étaient chargés de guérir les maux de la société qui ont empiré sous la colonisation. 4Depuis 2000, des élections multipartites ont été organisées dans 49 des 53 pays du continent [3]. > La Nouvelle Revue Géopolitique sur Facebook. Quant au président du Gabon Omar Bongo, devenu el Hadj Bongo, il se convertit à l’islam dans les années 1980 pour des raisons évidemment politiques. L’idéal de l’élection comme confrontation entre idées politiques et entre programmes reste ainsi fort lointain. Dès les débuts de la colonisation, le christianisme est apparu comme une force politique de promotion sociale et de contestation. ... Il existe donc toujours un écart entre le discours et la pratique de la politique d’aide de la France. Un proverbe dit : « Les Africains sont chrétiens-animistes, musulmans-animistes ou animistes-animistes ». On sait que la situation s’est récemment aggravée. Les esprits, ce sont, un peu comme les saints de l’islam ou les anges de la religion catholique, des intercesseurs. Il en a fait un ouvrage encore aujourd’hui considéré comme valable, La philosophie bantoue (Présence africaine, 1947). Tempels y explique qu’il pensait aller évangéliser des païens sauvages : « Je suis venu en Afrique en 1933 comme européen, comme blanc, dans une Afrique col… De même, les affrontements postélectoraux au Kenya en 2007-2008 ont causé la mort d’au moins 1 500 personnes et le déplacement de centaines de milliers d’autres. Cet islam reste majoritaire, même si l’on assiste à une tendance d’internationalisation, de la part d’un terrorisme intégriste déterritorialisé en provenance du Golfe qui manipule l’argument religieux à des fins de dictature politique. C’était, sous la période coloniale, la principale exportation du Sénégal. Initialement, de tels arrangements institutionnels transitoires étaient utilisés pour gérer des sorties de guerre civile, comme ce fut le cas au Burundi. Mutations, performances et politiques agricoles. Les guérisseurs veillent à la santé physique, les sorciers à la santé mentale. La tenue d’élections peut par exemple déclencher des affrontements politico-communautaires. « Imaginaires et pratiques de la famille et du politique en Afrique : sortir du tout néopatrimonial par un dialogue « indiscipliné » », Cahiers d'études africaines, vol. Dans cet homme vivant, nous rencontrons celui qui nous confie ses pensées et ses aspirations, ainsi que Celui qui a posé le germe des pensées et des aspirations dans l’âme de cet homme ». Avec la fin de la guerre froide qui leur assurait une rente de fait, et face à la volonté des puissances occidentales de conditionner l’aide au développement à l’exercice démocratique, les nouvelles élites ont dû mettre en avant une légitimité issue des urnes afin d’accéder à des fonds autrefois accordés avec moins de scrupule. Ainsi, comme le démontre Mathieu Merino, au Kenya, des « patrons » locaux, qui autrefois auraient pu faire carrière politique sur leur nom et leur fortune, ont pris conscience de la nouvelle prégnance, aux yeux de l’électeur, des étiquettes partisanes, et s’attachent à obtenir, pour se présenter aux élections législatives dans leurs circonscriptions, l’investiture d’un des grands partis kenyans : l’étiquette partisane devient une ressource politique, qui garantit une certaine visibilité et une certaine crédibilité [13]. Mais il fut poursuivi par l’administration coloniale française pour idées subversives. Spécificités et limites. Son objectif n’était en rien religieux. 18Surtout, l’élévation de l’option de partage du pouvoir au rang de modalité consacrée de résolution des conflits électoraux peut encourager des dirigeants sortants désavoués par les électeurs à refuser de reconnaître leur défaite et à créer les conditions d’une impasse, dans l’espoir qu’ils pourront négocier un accord qui leur permettra, au moins partiellement, de rester au pouvoir. 234, no. Et le « miracle sud-africain [9] » est loin d’être un cas unique. L’islamisation va se poursuivre vers la zone forestière, mais au XXe siècle seulement ; elle intervient en Côte d’Ivoire entre les deux guerres. L’émiettement partisan est bien souvent la règle. Dans le Nigeria du nord, la menace d’imposition de la charia est régulièrement brandie ou même votée par les provinces. Ce système de partage du pouvoir est parfois présenté avec enthousiasme comme « une solution africaine aux problèmes africains ». 13La structuration des forces politiques dans un certain nombre d’États africains est également préoccupante. De nombreux partis africains peuvent ainsi être décrits comme des coquilles vides, faiblement institutionnalisées, aux structures organisationnelles souvent inexistantes : il peut parfois s’agir d’un parti simplement regroupé autour d’un leader, fruit d’une énième scission et voué à disparaître à la prochaine élection ou à la prochaine coalition [5]. Voir à ce sujet les travaux d’Alain Garrigou. ». Surtout, il ne se souvient plus que l’implantation de la démocratie électorale en Europe fut une histoire longue et chaotique, faite de progrès soudains et de retours en arrière, et que l’émergence de la figure de l’électeur citoyen et d’une machinerie électorale apte à garantir des scrutins réguliers est le fruit d’un processus de temps long, jamais achevé. Celui-ci a permis à Robert Mugabe de garder son poste alors que Morgan Tsvangirai devenait Premier ministre. De même au Zimbabwe, après que la communauté internationale dans son ensemble avait refusé en 2008 de reconnaître la « victoire » de Robert Mugabe, un tel dispositif a été mis sur pied à l’issue de la mission du médiateur de l’UA et de la Communauté de développement d’Afrique australe (Southern African Development Community, SADC), Thabo Mbeki. Il fait également l’impasse sur le fait que dans nos démocraties méritocratiques aussi, le clientélisme est une dimension essentielle de l’opération électorale, en particulier au niveau local : le vote y apparaît ainsi bien souvent comme une transaction entre l’électeur (ou un groupe d’électeurs) et le représentant [14]. APA: FR: Copier Brossier, M. (2019). L’existence de processus électoraux formels n’empêche pas certaines dynasties familiales de perdurer. Résultat : une crise électorale de quatre mois qui n’a été dénouée qu’après des combats entre forces pro-Ouattara et partisans de Gbagbo qui ont fait des centaines de morts, une intervention militaire des forces de l’Opération des Nations unies en Côte-d’Ivoire (ONUCI) et des troupes françaises sous mandat de l’Organisation des Nations unies (ONU), et qui a laissé l’économie exsangue. 22Les mêmes processus sont à l’œuvre aujourd’hui dans de nombreux pays africains. This website uses cookies to improve your experience while you navigate through the website. Les trois piliers, économiques, politiques et militaires, de la politique française en Afrique sont ainsi déséquilibrés. Des savoir-faire multiples, de plus en plus sophistiqués, sont développés par les opérateurs politiques et leurs « petites mains » pour « orienter » les résultats des scrutins : disposer peu de bureaux de vote dans les zones acquises à l’opposition, comme le Frelimo au pouvoir a si bien su le faire au Mozambique dans les provinces du Nord favorables à la Renamo, distribuer des cartes électorales et faire voter les morts, falsifier les comptes rendus des bureaux de vote, ou tout simplement réécrire quelques chiffres sur le système informatique, etc. Ensemble, l’homme bantou et lui ont découvert un univers de pensées et d’aspirations profondément humaines. Rencontres sur les pratiques constitutionnelles et politique en Afrique : les dynamiques récentes, organisées par l’OIF et l’OUA, Cotonou 29, 30 septembre et 1 er octobre 2005 ; Symposium international sur le bilan des pratiques de la démocratie, des droits et des libertés dans l’espace francophone, Bamako, 1 er-3 novembre 2000. Puis on s’attachera à analyser les limitations et les difficultés parfois rencontrées dans les acclimatations de la procédure électorale en Afrique. D. Branch, N. Cheeseman et L. Gardner (dir.). Ces partis établissent des rapports de représentation durables avec des groupes sociaux dont ils articulent les intérêts dans la sphère publique, leurs labels sont devenus des marqueurs qui viennent structurer cognitivement la vie politique et la rendre intelligible aux yeux de l’électeur profane. En 2014, elles occupaient 20 % des Un aéronef non-identifié fait plusieurs morts au Mali, Barkhane : Trois soldats français tués au Mali, Etats-Unis : Divergence au sommet concernant l’origine de la cyberattaque, Arabie Saoudite : Jean Nouvel au service du tourisme de luxe, Le multilatéralisme doit (re)devenir la règle du jeu, Election en Côte d’Ivoire : les Ivoiriens méritaient une campagne projet contre projet. V. Darracq, « Jeux de pouvoir en Afrique : le Nigeria et l’Afrique du Sud face à la crise ivoirienne ». 2 - La pratique de la démocratie électorale est entrée dans les mœurs. Les recherches actuelles sur l’imbrication entre pouvoir et sorcellerie montrent que les deux demeurent liés[1]. On pourrait avancer ici la notion de « régime hybride » proposée par Patrick Quantin, qu’il définit en ces termes : « Le modèle occidental revient en force à partir de 1990 (démocratie mondialisée). Les sociétés d’Afrique subsaharienne sont connues pour avoir, dans le passé, confondu pouvoir politique et pouvoir religieux, comme l’ont d’ailleurs fait la quasi totalité des pouvoirs jusqu’au XVIII. 17Au contraire, au Zimbabwe, la polarisation politique est bien plus élevée et la compétition entre les deux grands partis est construite sur le mode du « nous » contre « eux ». Cela a pu provoquer l’insurrection des peuple conquis : El Hadj Omar en fut la victime qui mourut en 1856 victime d’une vaste révolte, acculé dans la falaise Dogon de Bandiagara. You might also want to visit our International Edition. 12De même, de nombreuses élections sont marquées par des déchaînements de violence politique peu compatibles avec les exigences d’une démocratie fonctionnelle. However, a number of positive developments in countries like South Africa seem to indicate that electoral democracy is in the process of being institutionalized in Africa. This category only includes cookies that ensures basic functionalities and security features of the website. Il fut déporté en Oubangui-Chari (Centrafrique) où il mourut en 1942 dans des circonstances jugées mystérieuses. Sorcellerie et pouvoirs magiques, souvent maléfiques, restent imbriqués au pouvoir politique, sous des formes parfois redoutables (sacrifices animaux et parfois humains, pratiques d’empoisonnements quasi-légitimées par la religion et rites magiques divers souvent dangereux, comme les ordalies). Plus anciennement, le vaudou a combiné chez les esclaves transportés en Amérique et surtout au Brésil des croyances diverses importées d’Afrique, désignées par des noms différents selon les langues et les lieux : en pays Wolof, en pays Igbo, en pays Yoruba (les orishas). Il y a là des barrières psychologiques, idéologiques et presque physiques, incompatibles avec le degré minimum de confiance que requiert une coopération. Au Sénégal, à 90 % musulman, l’usage du ramadan a tendance à se généraliser alors qu’il y a une vingtaine d’années il était encore peu présent. Envoyer Imprimer Augmenter Diminuer. 21Par ailleurs, si l’on considère que les systèmes politiques africains sont en phase d’institutionnalisation, une comparaison avec les trajectoires observées dans les démocraties électorales occidentales peut s’avérer instructive. Or il s’est trouvé devant des hommes comme lui, dont la religion était, comme la sienne, une explication philosophique du monde : « Nous comprenons par culture bantu l’ensemble de pensées et d’aspirations de l’homme bantou (muntu au singulier) [comme on dirait l’homme indo-européen], sa synthèse mentale, son style de vie. Trois exemples en témoignent : les religions du terroir, l’islam et le christianisme. Ce site Web utilise des cookies pour améliorer votre navigation. En développant un programme spatial continental, l'Afrique Il s’agit ainsi de réinvestir la « politique du ventre » et plus encore celle « du bas ventre » sous l’angle du domestique et de l’intime en détaillant l’historicité des pratiques d’alliance, de séduction, de sexualité, de violence, d’adultère, de procréation, de parentalité qui façonnent les pratiques politiques (Nyamjoh 2009, Cole & Thomas 2009, Stoler 2013 [2002]). La grande différence, ce n’est pas la croyance en un dieu unique qui existe aussi en Afrique, mais le Dieu est si inatteignable que l’être humain n’a affaire qu’à des médiateurs. À ce titre, l’attitude de l’UA et de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), lors de la crise ivoirienne, est encourageante : ces deux organisations régionales ont immédiatement condamné le coup de force de Gbagbo et la CEDEAO en particulier, menée par le Nigeria, a fait du respect du verdict des urnes en Côte-d’Ivoire un casus belli, menaçant même un temps d’intervenir militairement pour déloger le mauvais perdant [4]. Elle fut brûlée en 1706 comme sorcière par ordre du roi sur l’injonction des missionnaires du lieu qui l’avaient baptisée Béatrice du Congo. Pour s’en convaincre, il suffit de voir avec quelle dextérité et quelle profusion les élites politiques africaines se sont approprié le vocabulaire de la démocratie et du vote. Si des élections dans le cadre du parti unique ou de l’administration locale étaient parfois maintenues, elles prenaient bien souvent la forme de plébiscites à la régularité contestable  [2].